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" Au pays bleu "             

Poésie et littérature...

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Je suis une tour

à ciel ouvert,

un œil

interrogeant sa mémoire.

Dites-moi

de quelle histoire,

de quels orages

je fus habitée ?  

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Rompue 

de veilles

la pierre chuta

ébranlant un peu plus

l'unité...

             

     

  

Qui dans cette tour

à gorge dévissée

s'est égaré ?

s'est rendu coupable

du crime de lèse-majesté ?

polk - Copie

   

Textes et photos de Patrick Thuillier

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dans

du bouchet

Un souffle en suspens

Ce souffle en suspens, cet air qui vient manquer font de chacun de ses poèmes un escarpement, lieu où l’oxygène du réel vient à manquer, car trop concentré, trop en altitude.

Aucune certitude, une affirmation et son contraire, solitude et pans, « blocs » comme cela est dit, figent la page. Ces grands trous font sur sa dernière période ( l’ajour) des champs de neige glacée au cœur de la parole.

Je vois la route – entre nous la route et la part de soi

dont sans se séparer on doit se détacher encore comme entre nous

plus loin la route sans paupière.

Apprendre à se détacher, sans aucune valise d’ici-bas, pour être plus léger que les morts. Voir la route et la refuser.

Et l’inespéré pourrait ainsi advenir.

Des mots, des paroles, non quelques pierres roidies qui affleurent encore.

On ne lit pas André du Bouchet, on est face à lui.

Ce que l’on prendrait pour de la sécheresse est une ascèse. « Ce que j’ai vu est gardé par les eaux »

Retenir le souffle, pas un mot de plus, pas un mot de trop pour retenir le vent.

Tout va lentement dans ce voyage d’hiver que sont les poèmes d’André du Bouchet.

Tout va à son terme.

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ANDRÉ DU BOUCHET : « UN CRÉATEUR DE FORMES »

En effet il suffit d’ouvrir un recueil pour voir l’importance accordée à la mise en espace dans la page. Il ne s’agit pas de calligrammes comme chez Apollinaire, ni de dessiner un objet avec les mots. Il s’agit davantage d’une respiration, « le sens, le souffle » une scansion des mots, syncopes de la langue, un respect des silences qui s’appuient sur la forme typographique. Les blancs sont des silences : ils appartiennent à la syntaxe qui « a cédé sous la pression du rythme [ ] les mots sont eux-mêmes dans un état de surtension entre silence et parole ».Dans un entretien avec Alain Veinstein à France-Culture, il confiait : « Je n’ai jamais été à la recherche d’un poème à écrire. J’avais toujours un carnet en poche sur lequel les choses, sans que j’aille les chercher, venaient toujours à moi ». Il écrivait en marchant car « les mots ne sont pas statiques » ; « que les mots eux-mêmes soient en marche, se délogent… »

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André du Bouchet est né à Paris le 7 mars 1924 ; il passe son enfance en France jusqu’à la débâcle de 1940 qui le jette sur les routes, avec le dictionnaire Bailly de grec sous le bras. Sa famille s’exile aux États-Unis où il passe son adolescence, et mène ses études à Amherst Collège et à Harvard, devenant même professeur.André du Bouchet revient en France en août 1948, et écrit des textes critiques dans Les Temps modernes sur Char et Reverdy. Ses premiers écrits poétiques des années 1950 paraissent sous la forme de plaquettes qui seront plus tard refondues dans son opus majeur, Dans la chaleur vacante.Sa poésie exigeante, réfractaire à tout embrigadement, s’inscrit dans le sillage de Stéphane Mallarmé et voisine avec celle de Pierre Reverdy ou René Char ; elle ouvre sur un paysage dans lequel erre l’homme, hiératique et pourtant central. Il est le cofondateur en 1967 avec Yves Bonnefoy et Jacques Dupin de la revue L’Éphémère, qui accueille des poètes comme Philippe Jaccottet ou Paul Célan.Son amitié avec les artistes les plus prestigieux de son temps (Hélion, Giacommeti, Tal-Coat), le dialogue qu’il entretient avec leur travail, sont un « moteur » de son écriture.Il signe aussi de nombreuses traductions comme celles de Friedrich Hölderlin, Ossip Mandelstam, Faulkner, Joyce (il traduit le premier Finnegans Wake) et Shakespeare.Installé à Truinas dans la Drôme depuis de nombreuses années, André du Bouchet y décède le 19 avril 2001.

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P1010986 - Copie

Bonne année 2016

Ciel à ciel,

terre à terre;

sens dessus dessous.

Je suis arrivé par hasard

sous la lumière insensée d'un astre

indéchiffrable

qui s'est mis à me courir après.

J'ai vécu et vu à merveille,

entrechoqué mon cœur à cœur.

Ciel à ciel,

terre à terre;

sens dessus dessous.

Je suis venu

et

n'en suis pas revenu de mon mystère,

desséché,

tourbillonnant follement,

matière d'homme consumée avant l'heure

emportée allègrement

dans le puits sans fond du temps...

                                                                                                                                                            Patrick Thuillier.

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Petite histoire d’homme…*

Le temps est en mouvement,

le temps qui passe bien-sûr

et, la vie suit son cours.

Ma pendule

est un visage solaire

au cadran d’aiguilles sournoises

déplaçant pas à pas

un quotidien d’ombres

plus mécanique que jamais…

           

Patrick Thuillier.

* D’après Une brève histoire de l’avenir : Louvre Éditions.

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Né en 1951 à Cherbourg en Normandie, Patrick Thuillier trouve en Bretagne l'inspiration poétique. Par ailleurs, nostalgique de sa petite enfance agreste il ne cesse d'en poétiser la candeur. Aujourd'hui c'est dans un registre métaphysique que s'oriente sa poésie, s'interrogeant sur le mystère de l'homme sur la terre et dans l'univers. Il collabore à la revue An amzer (Le temps) à Brest depuis plusieurs années et participe avec d'autres artistes en Bretagne à divers travaux et expositions artistiques dans la région.

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L\'ENFANT AUX LIBELLULES BLEUES 001

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Il t'est doux

de regarder tomber la neige.

Enfance,

enfance si légère

à ta fenêtre...

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La prairie

en incandescence;

des cris,

des rires

sous le pommier

aux folles floraisons

de l'enfance...

PETITE BIO 001

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Creux de l'oreille,

Cœur de l'extase.

Tout un monde lointain s'approche.

Ce chant profond

jusqu'au silence

inclus.

         

Gilles Baudry 

 

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Un cœur Briéron

A Ephrème

Au mois de mai 2010 j'ai passé quelques jours dans le pays de Brière. C'est une grande étendue de prairies, de canaux et de nappes d'eau, une sphère aquatique où règne un silence millénaire, un territoire farouche parsemé d'îlots fragiles soumis à la loi parfois extrême des saisons. L’incomparable, l'indomptable Brière est située dans le département de Loire-Atlantique. Elle m'avait accueilli sur l'île Mazin, enfant et adolescent pendant les grandes vacances chez mon oncle Ephrème qui habitait une chaumière avec un courtil ou petit jardin longeant sur une quinzaine de mètres, un fossé d'eau où était attaché à un piquet, son chaland.

Patrick Thuillier

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Depuis bientôt quarante ans qu'il était garde de la Brière, il connaissait les plus vieux secrets ensevelis dans son sein. Oui, ils étaient chez eux ici, un pays quasiment retiré en sa physionomie, fait peut-être du mélange de tous les matériaux de la création. Mais c'était la pâture de leur vie; une âme subtile y nourrissait la moelle de leurs os. Pas un brin d'herbe, pas une flaque, qui ne fût leur commune chevance (bien-fonds). Tout était à eux, toutes ces vasières, tous ces roseaux. Et cela, depuis cet an de grâce où la bonne duchesse avait eu un regard pour leurs guenilles, et où elle leur avait signé ce papier à la grande forme dont la teneur durait toujours.

 Extrait de La Brière d'Alphonse de Châteaubriant 

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Révélé en 1911 par un roman : Monsieur des Lourdines qui obtint le Prix Goncourt, Alphonse de Châteaubriant fut un excellent peintre de la nature et de l'âme humaine. Après La Brière, il abandonna une partie de son lyrisme pour mettre à jour, dans La Réponse du Seigneur, ses tourments de croyant sans église. Un voyage en Allemagne lui fit découvrir le National-Socialisme et sa charge mystico-politique. Il lui consacra alors un livre, La Gerbe des Forces, qui lui vaudra l'honneur de figurer à la Libération sur la liste noire du Comité National des Ecrivains. Directeur du journal national-révolutionnaire, La Gerbe, et considéré comme "emboché", selon l'expression communiste de l'époque, il fut contraint de fuir au Tyrol où il mourut en 1951.

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